العالم الافتراضي وتراجع الروابط الأسرية بقلم الأديبة والمفكرة الدكتورة حكيمة جعدوني
العالم الافتراضي وتراجع الروابط الأسرية
بقلم الأديبة والمفكرة الدكتورة حكيمة جعدوني
تفتح الألعاب الافتراضية أبوابا واسعة لنشوة القفز والفرح؛ تصفيق افتراضي، هتافات مبرمجة، وعبارة جاهزة تتكرّر، لقد فزت. ينتقل اللاعب من مرحلة إلى أخرى محمولا على شعور البطولة، محاطا بإحساس القوة والذكاء والتميّز. ومع كل انتصار، يشتعل الدماغ بإفراز هرمونات السعادة، فتترسّخ الرغبة في الاستمرار، ويتحوّل التقدّم الرقمي إلى وهم إنجاز مبهر، يكتمل داخل الشاشة ويُتوّج خارجها بالفراغ.
في الجهة الأخرى، يقف العالم الواقعي، خافت الإيقاع، فقيرا في الإشارات. كل الجهود اليومية تمرّ دون احتفاء، والنجاحات الصغيرة تعبر بلا تصفيق. هنالك يبدأ الميزان بالاختلال؛ إذ يتعلّق الوعي والإدراك بعالم يمنحه الاعتراف الفوري والاستجابة السريعة والمكافأة المضمونة، ويترك عالما لا يلتفت أحد منهم لجهوده، لا أحد يهنئه، لا أحد يراه أو يطالبه بالصبر والوصول إلى الهدف على مهل. فيتشدّد الانتباه نحو عالم جميل افتراضي، فينفصل تدريجيا عن الواقع المحيط به، وتتشكّل مسافة نفسية بين الفرد وحياته الملموسة.
هذا الانغماس العميق في الألعاب الافتراضية قد يشكل تهديدا حقيقيا للتوازن النفسي والاجتماعي للأطفال، لأنه يُعوّد الدماغ على المكافأة الفورية، ويبعده عن مواجهة تحديات الحياة الواقعية.
فتضعف القدرة على تحمّل الإحباط، وتتراجع مهارات الصبر وبناء العلاقات. ومع الزمن، تتبدّل معايير النجاح، ويغدو الإنجاز مرهونا بزرّ مضيء في ساعة العالم الافتراضي.
المكافآت الوهمية، أثناء اللعب، والمتجسّدة في جوائز زائفة، والتشجيع القائم على ادعاء النصر المنشود، ما هي سوى محفّزات مختلقة تُعيد تشكيل وعي الطفل على نحو مضلّل. إنها تشتّّت انتباهه وتُبقيه عالقا في منحنى اللاوعي، حيث يُزرع فيه الاعتقاد بأن راحته توجد حيث يتوّج بالنجاح الدائم والانتماء يكمن لدى من يصفّقون لإنجازاته الافتراضية، ويحتفون بذكائه النادر داخل لعبة إلكترونية مدمجة، لا نهاية حاسمة لها إلا باستمرار النصر ذاته.
فيستنزف عقل الطفل قطرة بعد قطرة، حتى يهوِي به هذا الوهم إلى انفصال تدريجي عن الواقع، ثم إلى فقدان الشغف بعالمه الأصلي، عالمه الإنساني الحيّ، إلى أن يتآكل ارتباطه بالأسرة، وينطفئ حضوره الحقيقي، ويغدو غريبا عن دفء العائلة، مقيما في عالم لا يمنحه سوى انتصار مؤقت ومرض نفسي مميت.
ولا سبيل لدرء الخطر إلا بحرمان الطفل كليا من القدرة على الوصول إلى اللعبة، مهما بلغت الكلفة، ودون أدنى تهاون أو تقليل من جسامة العواقب.
Le monde virtuel et le recul des liens familiaux
Par l’écrivaine et penseuse Dr Hakima Djadouni
Les jeux virtuels ouvrent de vastes portes à l’euphorie du bond et de la joie : applaudissements virtuels, acclamations programmées, une phrase toute faite qui ne cesse de se répéter — Tu as gagné. Le joueur passe d’un niveau à un autre, porté par un sentiment d’héroïsme, envahi par un sentiment de puissance, d’intelligence et de distinction. À chaque victoire, le cerveau s’embrase sous l’effet des hormones du bonheur, ancrant le désir de continuer. Le progrès numérique se transforme alors en un illusion éblouissante d’accomplissement, qui s’achève à l’intérieur de l’écran et se couronne à l’extérieur par le vide.
De l’autre côté se tient le monde réel, au rythme étouffé, pauvre en signaux. Les efforts du quotidien passent inaperçus, les petites réussites traversent l’existence sans applaudissements. C’est là que la balance commence à pencher : la conscience et la perception s’attachent à un monde qui lui offre reconnaissance instantanée, réponse immédiate et récompense garantie, et délaisse un monde où personne ne prête attention à ses efforts, ne le félicite, ne le voit ou ne l’invite à la patience et à l’atteinte progressive des objectifs. L’attention se crispe sur un beau monde virtuel, entraînant un détachement graduel de la réalité environnante et la formation d’une distance psychologique entre l’individu et sa vie tangible.
Cette immersion profonde dans les jeux virtuels peut constituer une menace réelle pour l’équilibre psychologique et social des enfants, car elle habitue le cerveau à la récompense immédiate et l’éloigne de la confrontation aux défis de la vie réelle. La capacité à tolérer la frustration s’affaiblit, les compétences de patience et de construction relationnelle régressent. Avec le temps, les repères de la réussite se modifient, et l’accomplissement devient suspendu à un bouton lumineux dans l’horloge du monde virtuel.
Les récompenses illusoires durant le jeu, incarnées par des prix factices et des encouragements fondés sur la prétention d’une victoire espérée, ne sont que des stimuli artificiels qui remodelent la conscience de l’enfant de manière fallacieuse. Elles dispersent son attention et le maintiennent prisonnier d’une boucle d’engagement inconscient, où l’on sème en lui la conviction que son réconfort réside là où on le couronne d’une victoire perpétuelle, et que son appartenance se trouve auprès de ceux qui ovationnent ses exploits virtuels et célèbrent son intelligence rare au sein d’un jeu électronique envoûtant, qui n’a pas de fin définitive si ce n’est la perpétuation de la victoire elle-même.
Ainsi, l’esprit de l’enfant s’épuise goutte à goutte, jusqu’à ce que cet illusion le fasse sombrer dans un détachement progressif de la réalité, puis dans une perte de passion pour son monde originel — son monde humain et vivant —, jusqu’à ce que son attachement familial s’érode, que sa présence réelle s’éteigne, et qu’il devienne un étranger à la chaleur familiale, résidant dans un monde qui ne lui offre qu’une victoire temporaire et une affection psychologique débilitante.
Il n’y a aucun moyen de parer à ce danger, si ce n’est en privant totalement l’enfant de la capacité d’accéder au jeu, quel qu’en soit le coût, et sans la moindre indulgence ni minimisation de la gravité des conséquences.
:التوثيق الدولي

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